A dégager !

Après deux années passées à la tête du pays, Andry Rajoelina, dit TGV, a presque réussi son pari de s’imposer comme le chef de la transition, même si la reconnaissance internationale n’est pas encore à l’ordre du jour. Au fil de cette longue période transitoire, qu’il affirme vouloir clore le 31 décembre, TGV a pris goût au pouvoir. On ne l’entend plus affirmer, comme par le passé, qu’il ne se présentera pas au prochain scrutin présidentiel. En outre, s’il ne veut pas encourir leur courroux, TGV doit donner des gages à ceux parmi ses collaborateurs qui le poussent à ne faire aucune concession à l’opposition et à la communauté internationale. D’où son oscillation politique : un pas en avant, deux pas en arrière.

Camille Vital, le retour. Après avoir réussi à faire entériner par diverses composantes politiques le scénario de sortie de crise qui lui fait la part belle et qui a été concocté par Leonardo Santos Simao, le représentant du médiateur de la SADC, TGV a gardé la main en désignant rapidement son candidat à la primature. Le 15 mars dans l’après-midi, il envoyé à Simao un mémorandum présentant sa préférence pour Camille Vital et détaillant les points forts ainsi que les faiblesses des sept candidats en lice (certains manquent d’expérience à ses yeux ou d’autres, tel Pierrot Rajaonarivelo, sont soupçonnés de vouloir se présenter à la présidentielle). En retour, la SADC n’aurait pas avalisé le choix de Vital, mais sans y opposer pour autant son véto. Malgré cela, les partisans de Vital se sont activés à Antananarivo jusqu’au dernier moment pour verrouiller la décision de TGV, le 16 mars. Ce clan est principalement composé de Norbert Ratsirahonana, du Franco-Malgache Patrick Leloup et du secrétaire général de la présidence, Haja Resampa. Un deuxième cercle, formé des deux Mamy – Ravatomanga, le patron de Sodiat, et Ratovomalala, le ministre des mines -, gravite autour de ce triumvirat, mais en s’intéressant surtout aux contrats économiques. Vital leur convient comme premier ministre car il n’a pas d’ambitions politiques affichées, qu’il est dévoué à TGV et qu’il n’est pas très porté sur les dossiers économiques. Enfin, étant un militaire, Vital protège TGV et ses partisans d’une réaction violente de la grande muette.

Tour de vis contre l’opposition. Le maintien de Vital à la primature illustre donc les limites de la volonté d’ouverture du noyau dur de la présidence malgache. Cette décision a provoqué beaucoup de déception, tant parmi les médiateurs internationaux qu’au sein d’une opinion publique lasse de la situation actuelle et soucieuse de voir le pays retrouver une reconnaissance internationale. Du coup, les positions des uns et des autres se sont durcies, tandis que le placement en garde à vue, au même moment, de l’opposant Mamy Rakotoarivelo, ne faisait rien pour apaiser les esprits. Gendre de la propriétaire du quotidien Midi Madagascar et opposant ayant un franc parlé qui frôle parfois l’arrogance, Rakotoarivelo était à deux doigts de signer la feuille de route de la SADC, la semaine passée. Mais le voilà aujourd’hui mis en examen et emprisonné pour avoir commandité une tentative d’attentat contre TGV début mars. Or l’enquête initiale sur cette affaire menée par la gendarmerie du colonel Charles Ravalomanana s’orientait vers de toutes autres conclusions, jusqu’à ce que la Direction de la sécurité du territoire (DST), dirigée par Charles Nakany, un parent d’Haja Resampa, reprenne le dossier en mains et charge Mamy. Une procédure judiciaire qui a été perçue à Paris avec « une certaine préoccupation ».

Des changements en vue ? Le groupe qui a convaincu TGV de conserver Camille Vital à son poste va maintenant essayer d’obtenir le maintien dans le prochain gouvernement de certains ministres-clés (finances, mines, etc.). Pourtant TGV a déjà pris plusieurs engagements, tel celui de proposer à son directeur de cabinet, Zazah Ramandimbiarison, un poste de super-ministre en charge de l’économie et des finances ou celui de faire entrer des poids lourds au gouvernement, à l’instar de Rajaonarivelo (qui y serait favorable) et de José Vianney (qui s’interroge encore). Un ministre comme Rolland Ranjatoelina (transports), qui s’est beaucoup opposé à TGV, lequel n’aime pas ça du tout, pourrait être écarté, à moins que ses qualités techniques ne le rendent indispensable. De son côté, le ministre de l’aménagement Hajo Andrianaivoravelo pourrait devenir le nouveau directeur de cabinet de TGV. Enfin, ce dernier devrait profiter de ces mouvements ministériels pour envoyer son porte-parole, Annick Rajaona, en stage à l’ENA de Strasbourg.

Conseiller de la société Louis Dreyfus Commodities (LDC), l’avocat français Robert Bourgi s’est rendu à Antananarivo le 9 mars , en compagnie du directeur Moyen-Orient/Afrique de LDC, Guy de Montule. Au cours de cette brève visite d’une journée, les deux hommes ont déjeuné avec le président de la transition, Andry Rajoelina, dit TGV, et avec son conseiller franco-malgache Patrick Leloup. Bourgi a pu ainsi s’entretenir en aparté avec TGV pendant un petit moment, et lui confirmer qu’il avait bien adressé au ministre français de l’intérieur, Claude Guéant, le matin même et à la demande de TGV, la derrière version de la feuille de route mise au point par la SADC. Claude Guéant garde toujours un œil sur l’Afrique, notamment via Bourgi, qui est l’un de ses proches en même temps que l’éminence grise de certains présidents africains. De Montule, Bourgi, Leloup et le businessman Moïse Ismaël, de Delphis Trading et de la société d’importation de riz FirstGrain, se sont ensuite retrouvés le soir à dîner chez l’ambassadeur de France, Jean-Marc Châtaigner. Entre-temps, un conseiller français de TGV, Philippe Leclerc d’Orizon Finance, a appris depuis Paris la présence de Bourgi à Antananarivo et s’en est inquiété. Lui et ses deux co-équipiers ont donc cherché à en savoir plus, ce qui a donné lieu à une scène cocasse : simultanément, lors de leur dîner du 9 mars, Moise Ismaël a reçu un coup de téléphone de Leclerc, tandis que Leloup en recevait un d’Ann-Philippe de La Giraudière et que Bourgi était contacté par Sophie Deniau, la compagne de Leclerc, qui lui demandait dans un SMS ce qu’il faisait à Antananarivo. Le tout sous le regard médusé de Châtaigner !

La farce médiatique ivoirienne

Pourquoi une si faible couverture de la crise ivoirienne, si peu d’images qui tournent en boucle sur les télévisions françaises ? Sommes-nous informés ou plutôt conditionnés pour mieux accepter les développements orchestrés par de puissants intérêts qui ne veulent surtout pas de transparence ? Un ami qui vit en CI et avec qui je suis en contact se pose les mêmes questions. Les déplacements dans la journée à Abidjan ne posent pas de problème majeur. Mais à regarder les journalistes qui interviennent à l’antenne on a l’impression qu’ils sont retranchés dans leur hotel.A cela une explication simple, la détestation des habitants d’Abidjan (majoritairement pro-Gbagbo) pour Chirac puis Sarkozy s’est étendue à la presse française qu’ils trouvent partiale.On peut les comprendre, quel journal français a relaté dans le détail les sources réelles du désaccord sur le résultat des élections? Aucun.Ce n’est pourtant pas si compliqué. La loi ivoirienne qui régissait ces élections prévoye que la commission électorale indépendante regroupe l’ensemble des résutats, publient des résultats provisoires et les transmettent au conseil constitutionnel qui doit les valider après examen des recours éventuellement déposés. Pour ce faire la CEI dispose de 3 jours, si la CEI n’a pas publié les résultats provisoires dans ce délai de 3 jours, c’est le conseil constitutionnel qui doit reprendre le travail. Hors le Quatrième jour, alors que le CC s’était déjà saisi du dossier des élections, le président de la CEI s’est rendu à l’hotel du golf, fief du candidat Ouattara et des rebelles et annoncé la victoire de Mr Ouattara avec 54% devant la presse étrangère et en l’absence de toute autre autorité du pays.Mr Choi patron de l’ONUCI a toujours déclaré que ce n’était pas l’ONU qui organisait ces élections, pourtant ce même Mr Choi n’a pas hésité à déclaré la victoire de Mr Ouattara suivi par Mr Ban Ki Moon (secrétaire général de l’ONU) puis par Mr Sarkozy. Mr Choi n’ignorait pas que les résultats qui lui avaient été communiqué étaient sans valeur légale.On comprend la colère des partisans de Mr Gbagbo et le peu de respect qu’ils ont pour la presse étrangère, complice du coup d’état électoral dont s’est rendu coupable l’ONU.Je croyais que 15 000 compatriotes français résidaient là-bas. Aucune interview, aucun commentaire, aucune image ? Est-ce là de l’information ou les medias du service public ne sont-ils que des antennes de l’exécutif  français ?il suffirait de leur donner la parole pour entendre une opinion qui en majorité serait radicalement divergente de celle que les médias français véhiculent.Les médias français ne font que reproduire et suivre aveuglément les déclarations des fonctionnaires de l’ONU et celle de l’Elysée.Pas un journaliste ne s’est inquiété du fait que les prises de positions de Mrs Choi et Ban Ki Moon sont contraires aux règlements internes de l’ONU.Si je peux les aider un tout petit peu dans leur travail (les journalistes) je vous livre une partie du plan d’action de Mr Gbagbo qui n’est un mystère que pour eux. Mr Gbagbo ne reconnaitra aucune mesure émanat de Mr Ban Ki Moon, le conseil de sécurité n’obtiendra jamais d’unanimité contre Mr Gbagbo et c’est donc l’assemblée générale de l’ONU qui devra examiner la question des élections en CI. Les pays membres de l’ONU qui en sont les réels « actionnaires » pourront juger de l’attitude de leurs fonctionnaires en CI et de la légalité des décisions du fonctionnaire en chef  qu’est Mr Ban Ki Moon (qui semble se prendre pour le président du monde ces derniers temps)

Acta non verba ! , Ralambo

Dans une de ses récentes déclarations, monsieur Rajoelina Andry Nirina clamait haut et fort à qui veut l’entendre que ses modèles (Personne sait en quoi exactement) seraient : Messieurs Mandela Nelson et Gandhi.

Tout homme normalement constitué lui répondrait : « bonne note est prise».

A prendre aux mots notre vénéré président de la haute autorité de transition, il aurait à bien méditer l’extrait de la lettre de monsieur Nelson Mandela, adressée au Ministre de la Justice de son pays, en date du 22 avril 1969 * .L’honorable Rajoelina Andry Nirina n’était pas encore né en ce temps là, mais chacun sait, et lui-même a bien cité à plusieurs reprises cette pexpression de Pierre Corneille « Aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années ! »

A la page 159 de son livre, monsieur Mandela Nelson s’adressait ainsi : «…Mes camarades m’ont désigné pour vous écrire afin de vous demander de nous libérer de prison et, en attendant votre décision sur cette question, de nous accorder le traitement réservé aux prisonniers politiques. Pour commencer, nous souhaitons souligner le fait que nous n’implorons pas votre clémence, mais que nous nous en référons aux droits qui sont ceux de tout individu incarcéré pour ses convictions politiques… ».

Et de continuer à la cent soixante deuxième page :

« …La seule façon d’éviter un désastre est de ne pas garder des hommes innocents en prison, de cesser vos actes de provocation et de poursuivre une politique saine et éclairée. Si d’épouvantables conflits et des bains de sang devaient survenir dans ce pays, la faute en reviendrait entièrement au gouvernement. La répression continuelle, la négation de nos aspirations et la foi placée en un système coercitif conduisent inéluctablement notre peuple à la violence. Ni vous ni moi ne pouvons prédire le prix [que] ce pays aura payé au terme de l’affrontement. La seule solution est de nous relâcher et de tenir une table ronde pour réfléchir à une solution concertée. »

Ainsi soit-il !

*Conversations Nelson avec moi-même Mandela. Lettres de prison, notes et carnets intimes. »

Ralambo

 

La démocratie du désordre, par Ralambo

Les Grecs ont inventé l’Agora pour permettre à tout citoyen de s’informer de ce qu’est la vie de la communauté, et d’apporter sa voix sur un pouvoir de décision. L’idéalisme démagogique « place de la démocratie » d’Antananarivo, pompeusement inaugurée serait-elle l’hérésie de l’Agora ? Cela plaît-il aux autorités actuelles de baptiser ainsi ce coin de restriction, alors qu’aucune voix citoyenne ne puisse s’y exprimer librement sans la présence effective des forces militaires armées jusqu’aux dents et des polices politiques aidées des infiltrés ? Les autorisations de manifester sur les places publiques se donnent en compte-gouttes, selon la tête du client, sous prétexte d’un éventuel ordre public, lequel ordre n’a plus d’aucun sens civique mais plutôt créant un sentiment d’inutilité sociale. Cette esplanade mériterait l’appellation de « guillotine de la liberté »pour justifier une nouvelle définition de la démocratie prônée par quelques têtes brûlées. Cela refléterait mieux son interstice tangente avec la ligne directrice de la politique éphémère des élites autoproclamées qui prêchent tous de la démocratie sans savoir sa signification, encore moins son application. Le revirement de dernière minute d’un représentant officiel pour réaffecter l’aire d’Ambohijatovo en « Site de loisirs et culturel » n’est que simple retour de la nature à sa vocation initiale, car de tout temps, cet espace a toujours été destiné à ces genres d’activités où la masse populaire se délectait des « Hiragasy » et des kermesses populaires, où les familles s’y prélassaient après les offices dominicaux.

Croyant incarner l’innovation du marketing politique à leur image, les autodestructeurs confondent vitesse et précipitation en imposant des réunions, des colloques, des assemblées générales, des ateliers et des conciliabules d’ici de là. Les conclusions hâtives et les thèses controversées par toutes entités compétentes ont été déballées publiquement. Pointer encore plus les aberrations abyssales de l’invraisemblable tonitruante proposition constitutionnelle de la IV° République apporterait de l’eau aux moulins des critiques émérites ; par conséquent, l’ignorer vaut mieux que d’en parler. Seuls, pertinemment, ceux qui tiennent la barre exposent à hue et à dia leur autosatisfaction. Que tous les actes étaient les fruits des décisions extrêmement et entièrement démocratiques. Ces démarches auxquelles des « Sages du pays »en faisaient partie, sembleraient s’apparenter aux méthodes controversées des « Protocoles de Sion dites Protocoles des Sages de Sion ». Comprenne qui pourra !

Par ordre et volonté des maîtres-censeurs, les professionnels de la presse et des médias audiovisuels n’effleurent qu’une minime infinité de liberté d’action, comme si cette Institution « normalement indépendante » n’a d’aucune retombée formative aux besoins du public. Néanmoins, tout reporter ayant relaté des faits à sensation forte entachés des actes de banditisme, des filouteries, de barbarisme des quatre coins de l’Ile, peut s’honorer des actions d’envergure des forces de l’ordre qui, de près ou de loin, font démonstrations de leurs atouts policiers sans se fier à l’éthique juridique. Furtivement, avec la bénédiction des gouvernants transitoires, les tabloïds et émissions audiovisuelles portant préjudice aux adversaires du régime en place sont vivement encouragés, quitte à soutirer quelques enveloppes couvrant des notes de frais non justifiées. La diversification de la petite presse judicieusement localisée est approuvée en haut lieu, faisant croire à un semblant liberté d’expression, or les contenus y afférents font allégeance évidente quelque part. En terme d‘oppositions purement politiques, il va sans dire que les kyrielles des microcosmes formations ne s’attribuent d’aucune règle de conduite supplantant leur crédibilité.

Avec les ribambelles des officiers généraux et des hauts gradés, le regard vers l’axe du champ militaire porte sur des manquements aux spécificités des disciplines et règlements dont la neutralité, l’indépendance totale, l’apolitisme, les valeurs morales. L’absence de commandement, la perte d’autorité, l’intrusion du pouvoir politique ne font qu’attiser des conflits dormants, s’interposant mutuellement en guerres de positions. Ainsi chacun des Corps et régiments s’exhale à volonté. Oubliant le fondement essentiel de sa mission et de sa raison d’être, la « grande muette » se dévoile plus bavarde qu’une pie. Le questionnement sur son existence officielle au sein de la République malagasy, dans les conditions structurelles actuelles, suscite des commentaires non négligés au sein de la société malagasy et des observateurs internationaux. Ces dissensions militaires, jadis rarement, pour ne pas dire jamais, étalées sur la place publique, méritent expressément l’ouverture d’un « Livre blanc ». Se faire croire « démocrate » fait partie des refrains quotidiens des politiciens porteurs d’espoir au peuple aspirant à la justice sociale et à l’ordre judiciaire équité. Certains prétendent s’en acquérir par un simple coup de baguette magique en se prévalant d’une pleine accréditation nationale sans preuve de volontarisme politique, alors qu’Ils ne sont que des délégués désignés d’une minuscule partie des électeurs imbus d’un sentiment subjectif d’appartenance communautaire ou culturelle. A tout homme politique, l’apprentissage, la connaissance, la discipline et l’expérience sont des liants nécessaires mais loin d’être suffisants pour avoir une certaine légitimité politique d’un démocrate encore moins d’un politique intègre. Y accéder est un long chemin académique que tout individu impatient de tenir en main un pouvoir quelconque risque de se détruire manifestement de ses ambitions personnelles. Un acquiescement de reconnaissance démocratique populaire résulte des approches des citoyens aux multitudes appartenances nationales, des réponses positives répondant à leurs attentes sociales, économiques, culturelles avant toutes tendances ou orientations idéologiques et politiques. Tout le savoir-faire et surtout le pouvoir-faire dépendent de la performance intellectuelle des politiciens, démocrates ou non, à exercer avec une transparence évidente à la vie publique, à faire participer les Nationaux en tant qu’acteurs dans une démocratie participative. L’esprit de la démocratie est encore loin de chez la plupart des politiciens malagasy qui en font une carrière professionnelle et ceux qui, dès le début de leurs mandats électifs semblent atteindre déjà leurs seuils d’incompétence. Où ont-ils puisé leurs pré-requis voire leurs parchemins ? De leurs fiefs inexpugnables et de manière pastorale, ils prônent insidieusement du bout de lèvre la réconciliation nationale.

L’amalgame des genres n’est tout de même pas permis, mais parmi eux, des politiciens opportunistes viscéralement corrompus, inféodés aux pourvoyeurs de bakchichs, hautains, vilipendent du haut de leur « moi idéal » la démocratie. Démocratie que tout citoyen tant soit peu avide de liberté souhaiterait ne pas galvauder. Or les prétendants aux suffrages universels dont l’amnésie antérograde habite la plupart d’entre eux, ne cessent de démontrer leur ignorance des idées politiques renfermées dans leurs handicaps. Des hommes idéels de leur familialisme, de leur culture de violences verbales, de leurs énormes carences en pragmatisme politique s’orientent sournoisement vers l’oligarchie.

Leurs handicaps mériteraient des volumes entiers. Il suffit de relever leurs mensonges, leurs démagogies ; constater leur déficit de confiance envers la population, noter les exhibitions de leur concupiscence, détecter leur haine extériorisant des vieilles blessures non cicatrisées du temps passé entraînant la déchirure de l’ensemble du tissu social.

Poursuivant les analyses des pratiques réformistes actuels et aux constats de la totale destruction du corps social, chaque citoyen, sans être ès-sciences politiques, peut mesurer les différentes phases des dégâts de la réalité démocratique à Madagascar. Les faits font tomber les masques de ses dirigeants : le degré de leur incompatibilité et de leur incompétence aux postes boudés démontrent à quel point la tragédie du conflit actuel mène le pays vers le gouffre économique et social sans précédent. La fierté nationale ne vaut que ce qui se vit actuellement. Par le hasard des choses des bakchis gagnent du terrain, la corruption règne dans tous les services publics à commencer par quelques Institutions connues de leur haute honorabilité.

Au point où en est le pays, il est difficile aux Malagasy de faire confiance à une gouvernance noyée dans des situations obérées de déficit de confiance, de crédibilité, d’instinct génésique politicienne imprégné de son propre moral. Il est difficile aux Malagasy de soigner des processus dégénératifs mentaux des mandarins malades de leurs arthroses politiques. Il serait encore plus complexe de leur demander d’avouer leurs erreurs, leur faire expiation de leurs errements institutionnels.

La résolution des problématiques de Madagascar se trouve dans la volonté politique de ses dirigeants consignée dans une Constitution forte, indépendante, stable, respectée et respectueuse du bien-être du peuple malagasy.

«… le pouvoir n’appartient pas aux élus mais au peuple ! » lançait le Président OBAMA Barack au soir du 03 Novembre 2010.

Démocratie, démocratie… Il n’est pas jusqu’aux zébus et aux lémuriens qui ne s’en mêlent ! C’est pourquoi, faute de mieux, les Malagasy subissent la démocratie du désordre.

 

Madagascar : « Fêter les 50 ans de la fin de la colonisation », dixit Jocelyne Béroard

«…  La fin de la colonisation… »
Etonnant ! Cela fait cinquante ans qu’on n’a pas entendu ces mots.
C’est de cet état d’âme que les artistes se mêlent déraisonnablement de ce qui ne les regarde pas ; de plus une opinion personnelle révélant une prise de position très politique tenue de la part d’une artiste de surcroît étrangère à la Nation malagasy et surtout des affaires intérieures de Madagasikara.
Il y a des moments où le côté politique politicienne doit impérativement mise hors des scènes festives surtout dans les circonstances actuelles que traverse Madagasikara. A supposer que madame Jocelyne Béroard, ignorant involontairement la situation sociopolitique malagasy, ait pu saluer le peuple malagasy par cette exclamation, soit ! Or connaissant la capacité intellectuelle analysante de l’artiste, ces quelques mots assassins pour la majorité du peuple malagasy ne tombent pas par hasard durant ce spectacle.
Sans doute, madame l’artiste serait tentée de répondre comme font tout politicien aux discours manipulateurs en disant : « la phrase que j’ai dite est sortie de son contexte »…ce serait prendre les observateurs pour des ignares. Aussi serait-il indispensable, utile et essentiel de remettre les choses à leurs places…autrement dit : que chacun garde leurs prérogatives sans marcher sur la plate bande des autres. L’artiste a son chemin, le politique a ses zigzags. Cela n’enlève sous aucun prétexte la citoyenneté de chacun.

Ralambo

Ravalomanana, Thaksin même combat ?

1er ministre thailandais renversé par un coup d'état

M. Thaksin, homme d’affaires converti à la politique, a gouverné la Thaïlande pendant plus de cinq ans avant d’être renversé en 2006 par un coup d’Etat militaire sans effusion de sang. Il vit depuis 2008 en exil, le plus souvent à Dubaï, pour échapper à une condamnation dans son pays à deux ans de prison pour malversations financières.
Ses partisans manifestent depuis la mi-mars à Bangkok, où ils réclament de nouvelles élections législatives. Ils occupent un quartier touristique et commercial autour duquel ils ont édifié des barricades.

La similitude de leur parcours est assez frappant.

De la pratique à la théorie, par Ralambo

Bientôt Madagascar célébrera, semble-t-il, le demi-siècle de son indépendance politique. Ce sera l’occasion pour quelques uns de participer à des festivités, aux attroupements et rassemblements autour de whisky frelatés et d’autres alcools artisanaux de mauvaise qualité.
Mais là n’est pas le propos.
Depuis cinquante ans, la plupart des dirigeants des trois Républiques n’ont jamais été préparés d’une manière académique, encore moins politique de ce qu’est la déontologie gouvernementale. Tous ceux qui se prétendaient politiciens n’y ont été propulsés que par leurs relations fonctionnelles, leur soif de pouvoir, leur fierté locale, familiale, ethnique voire tribale. Tout au long de ce dernier quart du siècle, des « élus et désignés » utilisaient le pays pour s’octroyer des prises illégales d’intérêts. Ils s’occupaient de leur terre électorale sans compétence avérée. Cependant auprès de leurs électeurs ils se sont montrés maîtres de la situation. Tout est faussé et le plus malheureux dans l’histoire était le panégyrique inconscient du peuple dans leurs pérégrinations ministérielles. Leurs espaces politiques se cantonnaient aux divers règlements de comptes de tous ordres : étaient-ils conscients de la signification fonctionnelle de leurs attributions ? Là est la question.
Ceux qui les ont succédés depuis n’ont guère montré ni un pragmatisme politique ni des signes probants de changement évolutif : la problématique identitaire reste la même : perpétuer les anciennes pratiques sans rupture avec le passé, aucun plan de relance en terre électorale, se préoccuper de son côté narcissique, couver son atavisme grégaire. De ce qui est de la politique politicienne, rien ne montre une certaine capacité intellectuelle à diriger le pays. La Constitution, le devoir de compétence, les phases de réalité politique, la justice sociale : ce sont des sujets à mettre en veille. D’abord se cramponner au fauteuil présidentiel ou ministériel. Chaque postulant cherche à poser son pion : la bonne gouvernance, l’intérêt majeur du peuple ? « On » verra après.
Une fois arrivé au pouvoir, chacun pilote son ministère au prorata de ses complaisances: il s’interroge par quel bout commencer, il sait d’où il vient, mais ne sait pas où il va ; par contre il ne perd pas le nord quand il s’agit de suivre les traces de ses émoluments et accessoires y afférents. Des groupes de réflexion, des séminaires, des stages voient le jour de-ci delà ; des essais par ci, des tâtonnements par là : concéder des sparings partenaires extérieurs, faire appel aux conseillers étrangers, s’entourer des combattants de carrière sans aucune expérience politique mais bénis d’une totale liberté, faire croire aux électeurs qu’il exerce consciencieusement ses attributions…et tant d’autres astuces et mascarades.
Et pourtant la solitude habitée le hante, il s’enferme dans ses erreurs de trajectoires. Il est dans ce qu’on appelle en temps de guerre : le brouillard de l’incertitude. Ces apprentis politiciens sombrent dans le brouillard, naviguent dans l’incertitude ; c’est le calme trompeur ou encore le silence assassin.

Nos dirigeants n’ont pratiquement effleuré ni la culture de l’excellence ni la culture du développement personnel, le multi culturisme n’est pas leur fort. Leur vision de l’avenir se limite dans les fonds de leurs poches, de leurs comptes en banque. La plupart en sont des orateurs médiocres dépourvus des actions rationnelles.
Tout quidam peut distinguer parmi eux le « spin doctors » ; plus clairement les retournements d’alliances afin de s’incruster d’un parti à l’autre, et ce non pour mieux servir le pays mais aux fins de s’enraciner chez les vieux retors. Ainsi voit-on nos « politiciens imbus de leurs arcanes» se vanter inamovibles de par la volonté du peuple !
Pourquoi après soixante ans de colonisation, quelques années de « communautarisme à la française » cinquante ans d’indépendance et trois républiques successives, Madagascar n’en est qu’à ce stade d’instabilité politique ? Il n’est pas difficile d’analyser la situation : les intellectuels malagasy croyaient en la sagesse de leurs élus. Ils se sont trompés et déçus. Pourquoi donc ne se sont-ils pas manifestés autrement ? Apparemment la carrière politique de cette trempe ne les tentait pas et quoi qu’on dise, le diplôme n’engendre pas nécessairement la compétence. Que sont devenues les élites d’antan ? Elles ont déjà donné sans trop de résultat positif. Que réserve l’avenir pour les générations futures? Au vu et au su de ce qui se trame actuellement, rien ne présage de bon augure pour elles. Les gouvernants de ce dernier quart du siècle ne leur ont pratiquement préparé des parcours de bien-être social, aucune éducation de base adéquate, aucun enseignement civique. Pour elles, l’avenir a un horizon bien sombre ; seule issue probable serait de vivre au jour le jour, pratiquer le système scout : savoir se débrouiller quand on est mal pris. Tout ceci résulte de l’inconscience de nos gouvernants. Leur profession de foi se résume en trois points : impressionner, intimider et jeter le peuple dans la confusion.
Ainsi va la carrière politique de nos différents dirigeants, ils n’ont jamais appris à gouverner la Nation, ils n’ont aucune formation préalable, ils ignorent ce qu’est le laboratoire politique. Naviguer à vue est leur méthodologie quotidienne. Pour eux la pratique triomphe la théorie, et c’est là la plus grande carence de nos chers politiciens qui n’en sont pas pour autant. Il est temps que l’Institut moral et politique de Madagascar s’occupe de leurs cas.

Ralambo.